Argentina, septembre 2018

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Argentina, septembre 2018

Message par Marat le Lun 8 Oct - 22:34

Club Atlanta- Deportivo Riestro, 4 septembre 2018

Premier match en Argentine pour nous avec ce derby de Buenos Aires de deuxième division. En fouillant sur internet on apprend l’existence de ce match après notre deuxième jour passé dans le pays de Maradona. Ni une ni deux, on se décide d’aller sentir un peu l’odeur des tribunes patibulaires des Gauchos.

Après avoir acheté de quoi se nettoyer le gosier en guise d’apéritif, on choppe un taxi direction le stade. Stade qui se trouve être un peu en périphérie de la ville. Le chauffeur semble surpris de notre choix mais il s’exécute. Durant le trajet il nous pose quelques questions sur notre origine et le but de notre voyage. Communication pas évidente vu que peu de gens parlent anglais en Argentine, ça sera donc dans un espagnol rudimentaire que nous communiquerons. Rapidement il nous fera comprendre qu’on va dans une « zona peligrosa ». Comprenez un quartier dangereux. Il nous conseille de faire attention et de pas trop trainer là après le match. On prend note de son conseil et prenons congé de lui après avoir payé la modique somme de 150 pesos (3 francs 50 environ). Devant le stade, peu de gens, quelques regards de travers, on est en avance et y’a pas grand-chose à faire dans la zone, donc on se boit notre grand bière en scrutant un peu les environs. On tombe sur un petit kiosque qui vend des hot dog. On sympathise un peu avec la charmante vendeuse qui portait le maillot du Club Atlanta, puis on s’en va à la quête de billets de matchs. La billetterie est en dessous du stade. On prend nos tickets pour une dizaine de francs (ca sera le billet le plus cher des 3 matchs en Argentine alors que c’est de la 2ème division). La Barras locale arrive une trentaine de minutes avant, mais y’a pas foule dans le coin. On finit notre binch et on rentre dans le stade. On a pris les billets en latéral pour avoir une vue d’ensemble. A notre arrivée, l’enceinte est très peu garnie, on est un peu déçu. Cependant derrière les goals, le bâchage est fourni et ca a de la gueule. Sur la foule, c’est à l’Argentine, c’est-à-dire bande de haut en haut aux couleurs du club avec la bache du groupe par-dessus. Ca donne un aperçu folklorique, avec des mecs qui ne voient rien du match sans doute.
Le stade se remplit finalement au dernier moment. Les instruments commencent à retentir gentiment pour donner le rythme. On hallucinera de voir les équipes s’échauffer seulement une dizaine de minutes. On aurait dit un dimanche matin lendemain de comptoir quand tu dois aller jouer à Termen Ried-Brig et que tu sais qu’en t’échauffant tu vas perdre le 40% de ton énergie. Allez 3, 2, 1 c’est parti. Le match commence en fanfare avec des tacles à la hauteur des molaires et hurlements du public. Y’a pas à dire là encore, on se croirait en 5ème ligue avec 15 types qui t’arrives dessus dès que t’as le ballon. Le match sera presque une parodie de football, peu de jeu, les attaquants qui se font bousculer tout le match presque sans que l’arbitre ne bronche, et des tacles et des tacles. Au final une dizaine de carton jaune et un rouge. Ca aura permis au public de beugler à outrance des torrents d’insultes en tout genre. Qu’est-ce qu’il y a de plus beau au moment qu’une tribune entière qui reprend en cœur des « hijo de puta, hijo de puta » lancé par un retraité ? Franchement, tu te prends vite au jeu, et à la fin du match on était presque prêt à tuer pour un club dont on ignorait l’existence quelques heures avant. Le folklore argentin. Du côté de la tribune de la barras, ca chante tout le match, mais c’est parfois monotone. Ca varie vraiment en fonction de ce qui se passe sur le terrain et de la participation ou non de la latérale. Mais pour de la deuxième division c’était vraiment pas mal. Finalement Club Atlanta prendra un goal vers la fin du match ce qui enragera le public qui continuera à vilipender les visiteurs. Le match se soldera donc par une défaite des locaux. Dommage, on aurait voulu voir vibrer le stade pour un goal. Peut-être pour le prochain match. Fin du match, on suit le mouvement et les conseils de notre chauffeur de taxi pour éviter de s’aventurer dans les quartiers. On trouvera par chance un taxi qui nous ramènera sain et sauf à l’hôtel.  Même si il vaut mieux être prévoyant, ca semblait loin d’être Medellin, Caracas ou Vissigen.








River Plate – Club Atlético San Martin, 15 septembre 2018

Après avoir passé une dizaine de jours dans le Nord de l’Argentine, nous revenons finir notre séjour dans la capitale argentine. Plusieurs matchs à voir et on sera contraint de choisir. On fait l’impasse sur Independientes pour tenter un match au Monumental, fief du River Plate. Ce stade est très impressionnant, un brin moins spectaculaire que la Bonbonera (que nous avons eu la chance de visiter), il n’en demeure pas moins un mythe pour tout amoureux de football et des tribunes. Pas très confiant quant à l’espoir de trouver des billets, on recherchera des infos sur le net. Plusieurs témoignages laisseront croire qu’on pourrait chopper des places au stade vu la grande capacité du stade et l’affiche somme toute moyenne. Cap donc sur le Monumental en taxi. Le chauffeur, fan de l’Independiantes, nous confirmera qu’il est possible d’acheter des billets autour du stade. On sort donc du taxi assez confiant. Mais cette dernière sera de courte de durée, puisqu’après avoir marché quelques centaines de mètres, nous buttons sur un barrage de flic. Ils nous demandent nos billets, nous rétorquons que justement on en cherche. Mais il nous fera comprendre qu’il n’y en a pas, vu que ca marche sous forme de socios, c’est nominatif et il semblerait qu’aucune vente de billet ne se fasse. On repart un peu penaud, mais on se dit qu’on trouvera bien quelque chose. Quelques instants plus tard un mec nous accoste en nous demandant si on cherche des tickets. Il nous dit de le suivre. On n’est pas hyper confiant mais on tente le coup. Il ramasse 2-3 cartes à d’autres gars et revient vers nous. Il nous demande 2000 (l’équivalent de 50 francs environ pour 3 billets). Un autre gars s’approche et veut en retirer 6000. Un gros margoulin qui puait l’arnaque à des kilomètres. A en faire jalouser Christian & Bart de Martigny-Croix. Finalement on s’en sort pour 2000. Le gars nous dit qu’il faut faire tout le tour pour rentrer de l’autre côté. On s’exécute. Difficile à dire si on s’est fait enculer ou pas pour l’instant, les billets sont en fait des sortes de carte plastifié avec le nom du match. Après avoir passé 3 contrôles, on arrive au dernier où le billet doit être scanné. On prie pour que ca fonctionne. Malheureusement, aucune des 3 cartes ne marchera. On s’est donc fait enculer. Ca fait mal. On essaie de discuter quelques instants mais rien à faire. Quelques autres personnes sans billet trainaient déjà autour. On reste là en espérant un coup du sort du Seigneur. A un moment un gros groupe arrive devant les tourniquets, les mecs sans billets tentent de passer en fraudant, mais ca ne marchera pas et les flics seront appelés en renfort. On se fera donc littéralement chasser par les shtars, matraque en main. Voyant un groupe de touristes avec des flics on tentera une dernière fois de gratter quelque chose mais que nenni. On se remontera le moral en pensant à ces 15 américains qui ont dû payer 100 balles pour de faux billets et qui paniquaient à l’idée de recevoir des poursuites pénales. Comme dirait l’autre « sont cons ces ricains quand même ».





Argentinos Juniors – Boca Juniors, samedi 15 septembre 2018

Après cette mauvaise aventure (la seule du périple ceci dit), on se dit qu’on ne doit pas rester sur un échec et que ce soir, on assistera à un match de première division. Cette fois-ci on regarde à l’avance sur internet pour être sûr de chopper des tickets. Mon niveau d’espagnol sera suffisant pour comprendre que la billetterie sera ouverte ce soir. On se fera pas prier pour prendre un taxi et débarquer devant ce stade. Là encore, une bonne vingtaine de minute sont nécessaire pour accéder au stade. Arrivé devant, on s’en va directement à la recherche de la billetterie. Sans trop de problème on en prendra 3. J’ai plus le prix en tête mais c’était correcte, moins de 10 balles. On finit nos bières (on peut quand même pas rentrer dans un stade sobre) et on se cale en latéral. Seul 2 tribunes seront ouvertes aujourd’hui (secteur visiteur fermé). On se met pile en face de la Barras local pour avoir une joli vu pour ce match. Avant le début du match, les insultent fusent en tribune, aujourd’hui c’est Tevez qui sera pris pour cible. On se sera bien marré à regarder des vieux crier leur haine pendant de longues minutes aux joueurs de Boca. La Barras fait son entrée quelques minutes avant le début de match avec leurs instruments. Le match débute avec quelques minutes de retard, mais tout le monde semble bien chaud. La latéral où nous nous trouvons poussera des braillées sporadiquement pendant que la tribune d’en face chantera continuellement. A noter une petite embrouille au milieu de leur gradin. Ca bousculera pendant un moment, et on a pu foire quelques coups voler par ci et là. Sur le terrain, Argentinos joue plutôt bien et domine le jeu. Seul Tevez semble survoler le match côté Boca. Mais là encore on est en Argentine, les contacts sont rudes, les fautes régulières et le jeu est constamment arrêté pour ces raisons. La pluie fera son apparition elle aussi pour le plus grand bonheur des spectateurs de tribune sans toit que nous étions. Finalement, Boca marquera un goal en deuxième période et réussira à garder le score jusqu’à la fin, malgré les poussés des joueurs aidés par leur public. Un public qui sera de mon goût un peu décevant au vue de l’affiche (certes sans supporters) face à Boca. Fin du match, les joueurs de Boca sont insultés, le tunnel d’entrée des joueurs sera bien utile pour protéger les joueurs des projectiles en tout genre. On repartira frustré de pas avoir vu un goal pour les locaux. A défaut d’avoir trouvé un taxi sous cette pluie battante, on trouvera refuge dans un resto. On repartira le vente plein de là en direction de l’hôtel sans grabuge.






Club Atlético Lanús – Racing Club, dimanche 16 spetembre 2018

Dernier match du séjour pour nous. Là encore, on se renseignera au préalable pour les tickets. Tout semble ok puisque la billetterie est ouverte au stade. On change pas les bonnes habitudes et on prendra un taxi pour se rendu à Lanùs. Qui aurait cru qu’on aurait foutu un jour les pieds à Lanùs ? Je vous épargnerais toutes les blagues douteuses au sujet du nom de la ville. Car oui c’est une ville, bien que collé à Buenos Aires, il faudra plus de 30 minutes de taxi pour y arriver. On sera contraint de débourser environ 8 francs 50 pour le trajet. Arrivés dans la ville natale de Maradona assez tôt, on fera connaissance avec deux policières, surpris de voir des touristes par ici. Si elle avait le piano un peu plus fournie en chaniottes, on aurait peut-être pu envisager quelque chose, mais finalement non. On se dirige directement vers la billetterie, qu’on galérera un peu à trouver. Le billet n’était pas cher, 7-8 francs de mémoire pour ce derby, ca fait plaisir. On fait un petit tour avant d’entrer, j’achète un maillot et un bob de Lanùs (souvenir oblige) et on fait la file pour rentrer. La encore, le système argentin est un peu particulier, c’est par vague de 50 gars que tu peux passer, puis la police bloque tout le monde en attendant que les autres ont pu avancer. Donc au final tu te retrouves avec 3-4 contrôles avant d’accéder au stade. On entre dans le stade pile poil pour le début du match. La surprise, le secteur visiteur est plein à craquer, 3000 personnes environ à vue d’œil, quasiment tous de bleu vêtu. On se dit qu’enfin on verra un peu d’animosité. D’autant plus que c’est, encore une fois, un derby de la province de Buenos Aires. On se colle à l’extrémité de la curva, quasiment en latéral pour avoir une vue d’ensemble sur le secteur visiteur et sur les locaux. Ces derniers donneront bien de la voix dès l’entrée des joueurs. Un bon rendu cette tribune grenat (n’en déplaise à Laurent Udriot). L’ambiance sera vraiment sympathique, de temps à autre les chants du Racing résonne plus fort ce qui agacera les locaux, contraints alors de chanter à leur tour plus fort, pour notre plus grand plaisir. Sur le terrain bien que le Racing caracole en tête du championnat et que Lanùs soit très mal classé, on ne verra que peu de différence. Au contraire même, Lanùs domine le match et attaque à fond. Mais là encore, comme à notre habitude ici, ca sera les visiteurs, contre le cours du jeu qui profiteront de planter un goal. Explosion dans le virage des gars du Racing, suivi de quelques minutes de folie. Des chants d’insultes partent de part et d’autres puis chaque groupe continuera à encourager son club. Les chants de la Barras de Lanùs seront pas mal et claqueront bien, surtout quand tout le stade reprend les cantiques. Le match se vit vraiment à 100%. Malheureusement pour eux, le Racing s’impose 1-0. Définitivement maudit puisque nous avons assisté à 3 défaites 1-0, sans avoir pu voir un but de locaux. Fin du match, on sera forcé à rester dans le stade. Ici, on laisse d’abord les visiteurs se casser. Malgré la défaite, les fans de Lanùs feront le spectacle avec les trombones, tambours et autres trompettes pendant de longues minutes. Pendant quelques instants, on se serait cru au Carnaval de St-Léonard à regarder les Chenegaudes jouer du Louise Attaque. Finalement, les flics nous laisseront sortir après une vingtaine de minutes d’attente. On s’en va bouffer une bricole et boire 2-3 mousses dans le quartier puis on s’en ira s’enivrer gaiement pour notre dernier soir en Argentine avant de se taper 30 heures de voyage.








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